L'heure Harpe…moins
quelques siècles…
EXTRAITS
…Dans un tourbillon de lumière, la
mer, la plage, le village avaient disparus ! Le pauvre Lénonix
tout penaud, se retrouva au bord d'un large fleuve, les pieds
toujours dans le sable, mais brûlant celui-ci ! Pourtant
il était à l'ombre d'un des nombreux palmiers qui
l'entouraient…
Malgré la chaleur écrasante, les longues palmes
se balançaient doucement dans la brise, les oiseaux chantaient…
- " Les oiseaux de la palmeraie " -
1 min 30 -
Au loin, de l'autre coté du fleuve, se profilaient d'étranges
constructions pyramidales…
(…)
Il marchait tranquillement quand quelques notes,
s'échappant au-dessus d'un grand mur, vinrent chatouiller
sa curiosité. Sa petite harpe posée à terre,
il grimpa sur le mur, juste assez pour voir de l'autre coté
sans se faire remarquer.
Dans les jardins de son palais, la belle Néfertiti faisait
courir ses doigts sur les cordes d'une petite harpe incrustée
d'argent et de lapis-lazuli, et laissait l'air porter sa musique
…
- "Quand Néfertiti chantait "
- 2 min 15 –
…Ce fut un des nombreux gardes qui vit en premier Lénonix
perché sur son mur. Celui-ci, interpellé, eut peur,
glissa et tomba lourdement dans la rue…
(…)
Après quelques tâtonnements, la jeune musicienne
se sentit plus à l'aise avec la harpe. Elle raconta :
- Une légende maya dit qu'un vieil homme se perdit dans
la montagne par un hiver très, très froid. Glacé
par le vent et la neige, affamé, il allait s'abandonner
aux loups qui le guettaient.
Alors, venu du plus haut du ciel, un grand condor se mit à
tournoyer sous les nuages…(début de "El condor
pasa" )… L'imposant oiseau se posa près de lui,
faisant fuir les loups. De ses grandes ailes puissantes il l'emporta
dans la vallée, près de son village, le sauvant
ainsi d'une mort atroce …
- Fin de " El condor pasa " –
1 min 30 -
(…)
N'ayant pas saisi tout le sens du débit trop rapide de
son interlocuteur, Lénonix bredouilla deux-trois mots et
suivi la démarche nonchalante du jeune homme qui pénétra
dans la tour la plus proche.
Il le fit entrer dans une pièce enfumée où
se trouvaient déjà plusieurs personnes.
- Dad, v'la un musicos qui viens du ciel, sûr ! Il m'est
apparu comme ça, avec sa lyre sous le bras. Il a pas les
ailes mais c'est p'têt un ange !
D'une main levée, le Dad prit la parole : ( accent américain
lent )
- T'as encore laissé ta petite cervelle trop longtemps
au soleil, fils ! Donne donc un siège à monsieur
et apporte un verre, avec cette chaleur et toutes tes bêtises
il doit avoir bien soif !
(…)
Au détour d'un bosquet, il découvrit une gloriette
posée dans son écrin vert. Une femme, vêtue
d'une grande et belle robe, s'appliquait à jouer une mélodie
sur une grande harpe majestueusement travaillée…
- " Andante " – 3ème sonate
– 2ème mouvement -
- Enfin du nouveau ? Est-ce vous ce professeur qui se fait tant
désirer ? Vous étiez-vous perdu en chemin, Monsieur,
ou peut-être aviez-vous égaré votre instrument,
il est si petit…
Serrant un peu plus sa harpe sous son bras, Lénonix ne
répondit pas. Intimidé par tant de beauté
et d'assurance, il ne voyait que ses yeux que le bleu de sa robe
faisait ressortir.
- Il semble que se soit votre langue que vous ayez oubliée.
Apprenez, Monsieur, que se faire désirer est privilège
de Roi ! Ah ! Que de patience il me faut ! Un jour, à vous
tous, vous me ferez perdre la tête ! Allons, commençons
!
(…)
Quand la musique s'arrêta, après avoir été
remerciée et saluée comme il se doit, la reine balaya
la foule du regard et après l'avoir reconnu se dirigea
vers le barde. Lénonix avait la gorge sèche, un
peu la tête qui lui tournait mais ce n'était ni la
chaleur ni la musique qui provoquaient son malaise…
- Au moins ce soir, si j'ai du vous chercher, je n'ai pas eu à
vous attendre… Je vous avais promis une leçon de
danse me ferez vous l'honneur de m'inviter ?
Le barde, dont la chaleur interne ne cessait d'augmenter, prit
la douce main de la reine et l'escorta sur la piste alors que
commençait un menuet …
- " Menuet " – trio –
…La musique, toutes ces danses, la foule, les quelques
verres pris pour calmer sa gorge, ce regard bleu, son rire…
Tout ça se mélangeait et virevoltait encore au plafond
de sa chambre quand il s'endormit…
(…)
La complainte du chevalier
fou
Les illustrations
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